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L’abolition de l’humanité

Par Jeff Nyquist

Quatre réformateurs se sont rencontrés sous un buisson de ronces. 
Ils étaient tous d’accord pour dire que le monde devait être changé. 
« Il faut abolir la propriété », disait l’un.
« Il faut abolir le mariage », dit le second.
« Il faut abolir Dieu », dit le troisième.
« J’aimerais que nous puissions abolir le travail », dit le quatrième.
« N’allons pas au-delà des questions pratiques », disait le premier. 

« La première chose est de réduire les hommes à un niveau basique. »
« La première chose, dit le second, c’est de donner la liberté aux sexes. »
« La première chose, dit le troisième, c’est de savoir comment faire. »
« La première étape, dit le premier, est d’abolir la Bible. »
« La première chose, dit le second, c’est d’abolir les lois. »
« La première chose, dit le troisième, c’est d’abolir l’humanité.
»

ROBERT LOUIS STEVENSON, “LES QUATRE RÉFORMATEURS”

Ce que le diable veut, avant toutes choses, c’est détruire. 
Il y a, dans l’univers, un principe créateur. Et il y a, à contrario, un principe destructeur. Ainsi, nous trouvons deux tendances opposées derrière tout. Et vous ne pouvez pas avoir l’un sans l’autre. Regardez les politiques de n’importe quel dirigeant et demandez-vous si ces politiques tendent vers la création ou la destruction. 
Ses projets apporteront-ils la prospérité ou la faillite ? Apporteront-ils la paix ou la guerre ?

Considérons, à nouveau, les socialistes et leur nouvelle religion. Le premier pays socialiste (la mère patrie du socialisme) était l’Union des Républiques socialistes soviétiques, autrement connue sous le nom d’Union soviétique. Ce pays était-il un ensemble destructeur ou créateur ?
Sous son fondateur, Vladimir Lénine, des millions de personnes ont été tuées pendant la guerre civile russe. et la Terreur rouge. Nous ne connaissons même pas le nombre exact de morts. Qu’a t-il été bâti ensuite ? La pauvreté était généralisée. Il n’y avait plus d’argent.
Lénine a alors embrassé le « capitalisme d’État » dans le cadre de la nouvelle politique économique (NEP). En d’autres termes, il a détruit le pays pour asseoir son pouvoir, puis il l’a reconstruit avec le capitalisme.

Lénine étant mort en 1924, Staline prit le relais. Et une fois que Staline eut construit quelque chose, il recommença à détruire de manière sélective ; premièrement, en détruisant des éléments du Parti communiste lui-même ; deuxièmement, en détruisant les fermiers les plus prospères (les « koulaks ») ; troisièmement, en instaurant la terreur de la famine en Ukraine ; quatrièmement, en préparant un renforcement militaire massif en prévision la Seconde Guerre mondiale. Staline a tué entre 30 et 60 millions d’êtres humains. Là encore, nous ne connaissons pas le nombre exact.

Puis, pour lâcher Hitler sur le monde, Staline signa le pacte Molotov-Ribbentrop. C’est le début de ce que Staline a appelé : la deuxième guerre impérialiste. Moscou et Berlin se sont partagé la Pologne. L’Occident a déclaré la guerre à Hitler et les communistes sous Staline ont jubilé. 
Ils se disaient : « Les imbéciles nous ont donné l’Europe. Tout ce que nous avons à faire est d’attendre que les armées s’épuisent mutuellement pendant que nous construisons un arsenal de 30 000 chars.»

Hitler eu néanmoins trop de succès durant cette première phase, battant la France en 1940.
Il comprit ensuite ce que Staline préparait et s’est alors retourné contre son «partenaire», attaquant l’Union soviétique le 22 juin 1941. Des dizaines de millions périrent. Mais Staline fut sauvé par l’Occident. Il envahit ensuite ce qui est maintenant la Chine, aidant à cette occasion les communistes à prendre le pouvoir là-bas. Et une fois cela accomplit, il envisagea une guerre avec l’Occident. Mais il mourut avant, ou peut-être fut-il assassiné par ses associés.

Ces derniers développèrent alors une stratégie à long terme qui impliquait de reproduire la nouvelle politique économique de Lénine. Ils voulaient avoir accès à la technologie et à l’argent. Ils voulaient construire afin d’avoir de meilleurs moyens de destruction. Ils voulaient également subvertir l’Occident en devenant son partenaire. Et la Chine jouerait un rôle particulier à cet égard.

Voyons maintenant où nous en sommes aujourd’hui. Comme Lénine, Gorbatchev avait lancé une nouvelle politique économique dans les années 1980. L’URSS a alors renoncé à son empire pour se renouveler, pour soi-disant créer de nouveau. Trente ans plus tard, le président Vladimir Poutine possède le plus grand arsenal nucléaire au monde. En d’autres termes, la création a été mise au service de la destruction.

Malgré ce que les gens disent, Poutine a une armée puissante. Et nous n’en avons vu qu’une petite partie. Bien entendu, elle n’est pas parfaite. Comme l’a soutenu Viktor Suvorov, l’armée de Moscou est paradoxalement forte et faible, efficace et inefficace. Et Malgré chaque défaite apparente, elle continue d’aller de l’avant. Elle gagnera des batailles acharnées. C’est une tendance. C’est ainsi que fonctionne l’histoire russe.

Et dans le scénario militaire actuel, Poutine a aligné son pays sur la Chine et les autres pays communistes. Il ne l’a pas fait parce qu’il est chrétien. Oh non. C’est un faux chrétien de même qu’il était un faux démocrate. Poutine est communiste et son objectif a toujours été de reformer l’Union soviétique – c’est pourquoi il a envahi l’Ukraine.

Poutine a déclaré dans son discours d’avant-guerre que l’éclatement de l’Union soviétique était illégal. Cela signifie qu’il n’est pas réellement le chef de la Russie, mais le chef de l’Union soviétique. Son objectif est donc de mener le bloc communiste à la victoire sur les impérialistes et les capitalistes. Par conséquent, la guerre en Ukraine fait partie d’un projet beaucoup plus vaste.

Bien sûr, Poutine dit qu’il libère le peuple ukrainien du contrôle impérialiste américain. Mais tout le monde peut voir que le peuple ukrainien est déjà libre et qu’il est prêt à se battre et à mourir pour cette liberté, car il ne veut pas être gouverné par Moscou. Ainsi, l’invasion de l’Ukraine par Poutine s’est heurtée à une vive résistance. Les conditions météorologiques en février ont été plus chaudes que d’habitude. Les chars et véhicules russes ont été en grande partie cantonnés aux routes et limités dans leur capacité de manœuvre. Les pertes russes ont donc été plus élevées que prévu.

Mais alors, que fait Poutine ?

Il bombarde les villes d’Ukraine. Il détruit encore et encore. La semaine dernière, le maire de Kharkiv– deuxième plus grande ville d’Ukraine – a déclaré qu’un tiers de la ville était en ruines. Marioupol a été assiégée et ses 400 000 habitants seraient sans eau courante ni chauffage. Kiev fait face à la plus grande offensive de toutes. Des éléments de quatre armées russes se rassemblent au nord et à l’est de la ville. Leur objectif est de l’encercler, de la bombarder et d’anéantir le centre du gouvernement ukrainien.

La souffrance en Ukraine est inimaginable. Pourtant, le peuple se bat courageusement contre vents et marées.

Le président Zelensky, s’adressant au Parlement britannique, a été ovationné lorsqu’il a déclaré :« L’Ukraine n’a pas voulu devenir grande, mais nous le sommes devenus au cours de cette guerre. Nous sommes un pays qui sauve des gens, bien qu’il doive combattre l’une des plus grandes armées du monde. Nous devons combattre les hélicoptères, les missiles. La question pour nous maintenant est, “Être ou ne pas être”. En fait, il y a dix jours, cette question aurait pu être posée. Mais maintenant je peux vous donner une réponse définitive. C’est indéniablement ‘oui, être’. Et je voudrais vous rappeler une fois encore, ainsi qu’au monde, ce que vous avez déjà entendu : nous n’abandonnerons pas. Et nous ne perdrons pas. Nous nous battrons jusqu’au bout, en mer et dans les airs. Nous continuerons à nous battre pour notre terre coûte que coûte. Nous nous battrons dans les forêts, dans les champs, sur les rivages, dans les rues…. Nous nous battrons sur les rives des différents fleuves … et nous recherchons votre aide, l’aide des pays civilisés. Nous sommes reconnaissants pour ce qui a déjà été fait, et je vous suis très reconnaissant, Boris [Johnson, Premier ministre du Royaume-Uni]. S’il vous plaît, augmentez la pression des sanctions contre ce pays. Et s’il vous plaît, reconnaissez ce pays [la Russie] comme un État terroriste. Et je vous en prie, assurez-vous que les cieux ukrainiens soient sûrs. Assurez-vous de faire ce qui doit être fait et ce qui est demandé par la grandeur de votre pays. Je souhaite le meilleur pour l’Ukraine et le Royaume-Uni.

Comment l’Occident peut-il résister à cet appel ? Le monde civilisé peut-il rester les bras croisés et simplement regarder ? L’alternative, bien sûr, est de risquer une guerre nucléaire. Le gouvernement russe a sévèrement mis en garde le monde de rester à l’écart. Ils ont mis leurs forces nucléaires en état d’alerte. Ils sont prêts à lancer leurs missiles. 
Et ainsi se pose un dilemme moral. L’Occident reste t-il à l’aise et en sécurité alors qu’il assiste à la destruction d’une nation entière ?

Je crains qu’il n’y ait pas de réponse heureuse ici. Si nous ne réagissons pas, je dois alors vous dire le fond de ma pensée. Nous serons bombardés et attaqués lorsque notre tour viendra. C’est quelque chose que j’ai compris il y a longtemps. Poutine et ses alliés communistes sont des destructeurs, et ils souhaitent la destruction de l’Amérique plus encore que celle de l’Ukraine.

Poutine a montré qu’il était un destructeur, pas un créateur. La destruction à laquelle nous assistons maintenant nous paraît tout à fait insensée. Pourtant, Poutine n’est pas fou. 
La destruction est un choix ouvert à tous. C’est le choix, je crois, de tous les pays totalitaires. Et nous avons refusé de le reconnaître. La guerre avec ces pays a toujours pendu au dessus de nos têtes. Et si par miracle nous évitons maintenant une guerre majeure, certainement elle adviendra.

Et d’ailleurs, nous avons des communistes ici même aux États-Unis, facilitant le travail de destruction, aidant et encourageant nos ennemis à Pékin et à Moscou. Regardez la mort et la destruction qui se déchaînent sur Kiev. Il existe des armes russes encore plus destructrices visant New York et Washington. Si les dirigeants de Moscou sont prêts à raser les villes de leurs frères slaves, pensez-vous qu’ils hésiteront à raser les nôtres ?

Nous n’avons aucune idée du danger que nous courons en ce moment. Et nous ne savons pas à quel point de la survie de l’Ukraine peut dépendre notre propre survie.

Lien vers l’article original

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