Design a site like this with WordPress.com
Get started

Interview de Messieurs Charles Gave et Olivier Delamarche par Thinkerview : Réflexions

Aujourd’hui nous sommes en Juillet 2022.

Pour simplifier, la communauté mondiale se divise en deux catégories à l’heure d’appréhender le nouveau paradigme totalitaire qui nous est offert de vivre au plan global depuis de nombreux mois. À plus ou moins grande intensité certes, donc plus ou moins douloureusement selon l’endroit du globe où l’on se trouve. Le point d’achoppement entre ces deux groupes n’est pas lié au réel. Ce réel dont je suis convaincu, comme l’avocat et académicien français François Sureau ou l’écrivain anglais Chesterton -et à rebours de la théorie néo-platonicienne-, qu’il est réputé être « le bien ». Ce même réel, dont le monde parvient hélas aisément à en saisir les effets. Le point d’achoppement, qui est donc « le mal » en ce sens qu’elle ignore le réel, c’est l’idée sous-jacente à ce réel.

À titre illustratif, la Révolution Culturelle Maoïste, la Russie Stalinienne des Goulags ou l’idéologie Nationale-Socialiste utopique du Troisième Reich nous montrent combien [la plupart des malheurs du monde sont d’ordre spirituel et viennent d’une activité de l’esprit, pas du réel]. Le réel serait-il donc [l’antidote le plus sûr contre la dinguerie idéologique] pour reprendre les mots de F. Sureau ?
Et, le cas échéant, quand aurons-nous reçu suffisamment de réel, le bien, pour lutter contre l’idée, le mal ? Et quelle idée d’ailleurs ? Il me semble que le temps est plus que jamais venu de se poser -sereinement- la question.

L’AFFRONTEMENT (INTELLECTUEL) DE DEUX VISIONS DU MONDE

Deux groupes d’êtres humains cohabitent donc. D’un côté se trouvent ceux qui incriminent les USA et ses alliés comme étant « l’ennemi extérieur », et l’idée (néo-)libérale comme étant « l’ennemi intérieur », qui infuserait au sein des nations. C’est-à-dire ceux qui répètent à l’envi que « l’ultralibéralisme dans lequel nous sommes plongés nous détruit » sans toutefois se demander si les confinements de populations saines -mesure parmi les plus totalitaires que la France ait connues- ou encore les politiques dites du « Quoi qu’il en coûte » -mesures parmi les plus communistes que la France ait prises- avaient quoique ce soit de libéral.
Des individus qui, de deux choses l’une, sont soit ignorants de l’idée libérale (au mieux, car curable) soit ignorants du réel (au pire car incurable ou presque).
De l’autre côté se dressent, courageusement car objectivement moins nombreux, ceux pour lesquels la Chine Communiste de Xi Jinping et l’axe Sino-Russe plus largement -le désormais célèbre One clenched fist selon l’expression de l’ex-officier du KGB Anatoliy Golitsyn dans son livre New lies for old paru en 1984-constituent le redoutable ennemi extérieur lorsque les idées communiste et marxiste en constituent le périlleux ennemi intérieur (e.g. par la captation d’élites « à la chinoise », par le Kompromat « à la russe » ou plus largement par l’infiltration rouge dans les plus hautes sphères des pouvoirs oligarchiques).

C’est-à-dire ceux pour qui le véritable adversaire n’a pas non plus de nom (quoique, si l’on cherche bien), pas non plus de visage (celui d’un ancien PM Français Viennois me vient toutefois à l’esprit), pas de parti (quand même pas Les Républicains, hein ?), ne présentera jamais sa candidature (encore une fois discutable, n’est-ce pas M. Buon Tan ?) et qui, pourtant, gouverne.
Ceux pour qui cet adversaire est le Monde Rouge, pour paraphraser un ancien président Français également dépositaire de « l’idéologie rouge ».

Je passerai donc ici, et à dessein sur inter alia la responsabilité des juifs, des musulmans/de l’islam, de la CIA, des francs-maçons ou de la secte judéo-maçonnique voire des illuminati reptiliens dans ce nouveau et singulier paradigme. Ces derniers faisant diversion de l’ennemi, que celui-ci puisse être américain ou chinois, ils ne me semblent pas -à ce stade- devoir faire l’objet d’un article dédié. En revanche, la dichotomie Libéral/Communiste voire USA/Chine me semble faire bien davantage sens.
Elle m’apparaît être un prisme plus pertinent au moment d’analyser et de comprendre les évènements traversés par le monde moderne depuis plusieurs années.

Pour ce qui me concerne, le réel est éloquent depuis de nombreux mois.
Il a une prise sur moi. Nous entrons vraisemblablement dans une ère nouvelle, où la privation de liberté -individuelle et collective- sera en quelque sorte, et si nous ne nous réveillons pas tous collectivement très vite, un nouveau standard. À tous les égards.
[Après la 3e guerre mondiale, le monde sera communiste] prédisait dans les années 50 le bon Président Mao (qui par la suite inspirera de nombreux intellectuels et politiciens, à l’image de notre actuel jeune et dynamique Président). Nous y sommes, et les enjeux sont colossaux pour tous.
À commencer par les enfants de France et leur descendance. Nous tous avons un devoir impérieux, celui de préserver les jeunesses, actuelle et à venir. Sommes-nous actuellement emportés par une vague, sinon de virus chinois, de libéralisme incontrôlé qui détruirait tout sur son passage ? Ou au contraire le monde que nous connaissons -et aimons résolument- est-il sur le point de disparaître à cause d’un « tsunami » communiste et néo-marxiste conformément au visionnaire Mao Zedong ? Chacun se fera son avis sur les raisons de la colère.

Vous l’aurez compris, je fais partie de ceux qui redoutent la menace rouge grandissante. Je fais aussi partie de ceux qui ont décidé de se lever, pour nos enfants, contre un nouvel ordre mondial rouge et tout ce que cet ordre est susceptible de charrier dans le temps long. Le corollaire étant, une fois l’ennemi désigné, de savoir qui sont nos alliés. Qui sont ceux sur lesquels nous pouvons compter sans condition. Selon moi, les libéraux, pour peu qu’ils le soient réellement, ne peuvent pas figurer ailleurs qu’au premier rang de ceux-ci. Reste naturellement à ne pas se fourvoyer quant à qui est réellement libéral (i.e. qui est susceptible d’être un résistant robuste à la dictature rouge) et qui ne l’est pas, ou l’est faussement voire insidieusement (i.e. qui est susceptible de conduire les gens honnêtes dans le mur rouge).
Il me semble donc être un devoir crucial que de faire correctement la différence, ô combien salutaire, entre les vrais résistants, l’opposition dite réelle et les collabos, les faux résistants ou encore l’opposition contrôlée (concept inventé par les communistes de l’ex-URSS pour mieux duper les individus et les conduire dans des voies de garage – Nous connaissons bien cela en France et nous avons encore eu droit à un épisode savoureux au plus haut -s’il n’est pas devant nous- de la crise sanitaire, avec les mesures sanitaires controversées et combattues plus ou moins sincèrement).

DEUX LIBERAUX FRANÇAIS PRO SINO-RUSSES ?

C’est dans ce contexte que j’ai été invité à écouter les 3h d’une interview, intitulée Effondrement économique, monétaire et civilisationnel ? de messieurs Charles Gave et Olivier Delamarche par le média Thinkerview.
Cette interview a été menée en direct le 7 juin 2022 et elle fut instructive, à plusieurs titres. Et notamment quant à ce qui précède. Qui sont ces « stars » des médias alternatifs supposées dans l’opposition ? Quelle opposition ? Représentent-ils la résistance à la menace rouge comme le seraient à priori des vrais libéraux ? Pour qui roulent-ils ou donnent-ils l’impression de rouler ? La résistance anti-PCC peut-elle être incarnée par ces deux professionnels des marchés financiers et de l’investissement ? Proposition de décryptage honnête dans l’optique de fournir quelques éléments de réponse à ces questions.
En partant naturellement du postulat que leurs propos sont fidèles à leurs convictions et qu’ils ne tiennent pas un discours différent de celui proposé, avec leur compagne, leurs proches ou seul devant leur miroir.

  • Selon Wikipédia, Charles Gave (« CG ») est né le 14 septembre 1943 à Alep en Syrie. Il est un essayiste, financier et entrepreneur français, dirigeant fondateur de Gavekal, une société de conseil financier.
    Souvent présenté comme étant un économiste libéral, il est l’auteur de plusieurs essais, dans lesquels il annonce notamment la fin du modèle de l’État-providence et la faillite de l’euro. Libéral-conservateur, il est eurosceptique et apporte un temps son soutien à Debout la France en vue des européennes de 2019. Proche de l’extrême-droite identitaire (il conviendrait toutefois d’en trouver une définition pertinente), il soutient un temps la candidature d’Éric Zemmour à l’élection présidentielle de 2022. Pour cette interview, on notera qu’il est habillé avec une veste traditionnelle chinoise noire et rouge. Anecdotique ?

  • Toujours selon Wikipédia, Olivier Delamarche (« OD ») est un ancien membre de la Société française des analystes financiers (SFAF) et fut notamment analyste puis sales trader chez Pinatton, Wargny et Aurel Leven. Il crée sa propre structure d’investissement en 2004, puis en 2005 une société de gestion nommée Platinium Gestion qu’il revend en 2014. De 2009 à 2017, il est chroniqueur hebdomadaire sur BFM Business. Il y prend très souvent des positions pessimistes et catastrophistes sur l’économie – Il est depuis parti à Genève et est le gérant d’un nouveau family office qu’il a créé ;

L’interview porte davantage sur la conjoncture économique globale que sur la finance moderne (même s’il y a des ponts évidents et que la seconde partie de l’interview est résolument plus financière) ;

CG apparaît vaniteux tout au long de l’interview mais demeure décevant en finance pure. Notamment en finance d’entreprise. Il semble toutefois meilleur en finance de marché. Il n’est, par exemple, pas très à l’aise avec le concept de marge brute d’autofinancement, ce qui peut paraître surprenant pour un homme de son calibre.
Même s’il doit évoluer dans des sphères où il n’a pas besoin d’être le plus technique des financiers modernes.

Quant à OD, il semble légitimement, eu égard à sa carrière d’ex-opérateur sur les marchés, plus chevronné que CG en finance pure. Un détail qui n’en est pas un : il fait la différence -fondamentale de mon point de vue- entre “valeur” et “prix” d’un actif, qui lui fait gagner en crédibilité au sein d’une sphère financière qui confond usuellement les deux.
Les deux hommes ne parlent pas -ou peu- de l’évolution des taux d’intérêts, driver #1 des marchés financiers (notamment obligataires, ultra-sensibles aux mouvements des taux) et de la performance sous-jacente du tissu industriel (indicateur de dépenses d’investissement des entreprises, car une entreprise qui n’investit pas/ne s’endette pas pour investir, ne peut légitimement pas croître ad vitam). Ils ne parlent pas non plus du prix du baril (brent), autre driver clé de l’évolution des marchés, ni même plus avant des conséquences de la parité fixe du Yuan vs. un dollar qui, lui, est fluctuant ;

Au tout début de l’interview, CG dit qu’il est [parti pour Londres en 1981 parce qu’il ne voulait pas vivre dans un pays où il y avait des ministres communistes] puis ajoute, en évoquant le sujet de l’inflation, que l’[on a monté un système qui ressemble de plus en plus à l’ex-Union Soviétique]. Ces deux phrases sont de bon augure quant à la suite de l’interview dans la mesure où il semble dénoncer les bons maux, ceux dont souffre le pays. En ce inclus le poids, de plus en plus élevé, de l’Etat dans le PIB national et le fait que l’on tende asymptotiquement vers une économie planifiée plutôt que vers un marché libre.
Dit comme ça et pris isolément, même si c’est conforme à ce que l’on attend d’un libéral, c’est effectivement séduisant ;

Par la suite, CG et OD dédouanent et défendent continuellement la Fédération de Russie et le [méchant Poutine – OD], comme si la guerre et tout ce qu’elle charrie (e.g. au plan des achats/approvisionnement) n’impactaient que peu les structures de coûts des compagnies et donc par capillarité la stabilité des marchés.
OD: [S’il n’y avait pas eu de guerre, tu aurais eu ce qu’il se passe actuellement dans 6 mois. Cela n’aurait rien changé]. Pourtant, il suffit de regarder le comportement des cours de bourse et d’observer la défiance -ou la prudence- sur les marchés financiers depuis le début de l’invasion russe en Ukraine pour, à tout le moins, challenger cette conviction ;

Plus loin, OD, avec la bénédiction de CG vraisemblablement (ma perception): [Fallait surtout pas aller emmerder les Russes en s’amusant à essayer de faire entrer l’Ukraine dans l’OTAN, c’est ça qu’il ne fallait pas faire au départ] et [Qui a poussé les Russes à envahir?].
No comment.

Ils semblent finalement très pro-russes pour des libéraux revendiqués. Et idem re. leurs vues sur l’essor de l’économie chinoise à plusieurs reprises au cours de l’interview : et notamment que [la France devrait, comme la Chine, s’inspirer de “la main invisible d’A. Smith” au lieu du “grand coup de pied dans le derrière de Staline”] selon CG. Surréaliste!

Nous devrions donc nous inspirer davantage de la Chine ? En mettant des gens dans des camps par exemple ? En stérilisant les individus ou en leur prélevant des organes ? En persécutant les minorités ? Au plan plus économique, quel est le point commun entre l’économie chinoise et la théorie libérale du penseur et économiste Adam Smith ? Cela mériterait de plus amples développements de la part de CG, afin de mieux saisir ce propos surprenant de la part d’un libéral conservateur.
CG n’incrimine ensuite pas ceux qui font la guerre et commettent des atrocités au nom d’une idée mortifère, non. Il incrimine plutôt ceux qui seraient susceptibles de les avoir poussés à faire la guerre.

Avec des résistants comme eux, il semblerait que nous n’ayons pas besoin d’avoir des collabos. Avec des libéraux comme eux, il semblerait que nous n’ayons pas besoin d’avoir des communistes. Provocation gratuite de ma part ? Possible. Car ce qui est étonnant au fil de la lecture, c’est qu’ils défendent tous deux, et sans relâche, des thèses théoriquement libérales re. le marché libre, la primauté des contrats ou encore le droit de propriété. En revanche, dès que l’on plonge dans le réel, ils se rangent sans concession du côté des totalitaires rouges, russes et chinois. Pensent-ils sérieusement que monsieur Poutine est un chrétien conservateur ? Ou que Xi s’inspire davantage de A. Smith, J. Locke, F. Hayek, M. Friedman ou encore F. Bastiat que de K. Marx dans la conduite de son économie domestique ? Evidemment, je ne peux pas le croire. Alors qu’est-ce qui peut bien pousser deux économistes/financiers aussi éclairés et successful à tancer M. Macron, M. Le Maire ou encore Mme Lagarde tout en dédouanant deux dictateurs communistes ? Pourquoi ne s’en prendre qu’à des serviteurs de l’ennemi sans non seulement nommer ce dernier mais de surcroît en prenant sa défense ? Seraient-ils tenus ? Agissent-ils conformément à des intérêts personnels qui naturellement me dépassent ?
Je m’interroge vraiment quant à la cohérence intellectuelle de leurs propos  ;

Par ailleurs, l’honnêteté me commande de dire que je suis sur la même page que CG et OD sur les sujets suivants, évoqués au cours de l’interview : le poids des charges sociales & patronales et autres prélèvements sociaux, l’augmentation du salaire de base (et la hausse subséquente des prix), les médias vendus au pouvoir oligarchique, les causes de l’effondrement de l’hôpital, la reproduction de fausses élites ou la production d’élites qui ne le sont plus, la chute des marchés obligataires (sous l’effet conjoint de l’augmentation du risque de défaut des émetteurs/baisse de la qualité de signature de ces derniers et de la hausse continue des taux), l’inéluctable chute progressive du pouvoir d’achat et du niveau de vie en France, le réchauffement climatique, le nucléaire, la corrélation forte existante entre la demande d’énergie -anticipée baissière- et la croissance du PIB (la demande d’énergie est un thermostat pertinent -et intuitif- quant aux prévisions de croissance des entreprises, assurément!), la Confédération suisse comme destination privilégiée de relocation, l’implémentation d’une taxe sur les transactions financières (e.g. type Tobin) qui créerait des arbitrages géographiques (même s’il y aurait beaucoup à dire sur le sujet), l’inflation qui fait baisser voire détruit la valeur actuelle nette de la dette (ce qui est réputé arranger nos Hommes politiques, qui appartiennent par ailleurs à la Nomenklatura et sont aisés, donc moins sensibles ou plus élastiques à « l’inflation du quotidien » que l’on connaît actuellement ;

Un autre point crucial de l’interview -et qui dit selon moi beaucoup de la position des deux acolytes- est qu’ils défendent la thèse d’une incompétence généralisée (“ineptocratie” selon CG) / baisse globale du niveau intellectuel des élites françaises.
Tous des crétins, vraiment? J’avoue ne pas souscrire à cette thèse (même si j’ai une opinion sur la “sélection” et la “reproduction” desdites élites) qui permet de ne pas chercher d’autres rationales, comme ceux liés à la collaboration. Cet argument de l’incompétence a été entendu à de nombreuses reprises dans le cadre notamment de la gestion de la crise sanitaire. Comme si les ordres absurdes, contradictoires et aberrants étaient le fruit d’une mauvaise gestion ou d’une bureaucratie incapable. Parler d’incompétence, c’est oublier purement et simplement la parfaite maîtrise de la psychologie des foules par les systèmes communistes : les communistes, sur la base d’études psychologiques poussées, savaient parfaitement qu’humilier les individus en les faisant obéir à des ordres absurdes renforçaient leur obéissance. Car ces derniers n’osaient pas se dédire de peur d’admettre qu’ils avaient été dupés et avaient agi comme des imbéciles auparavant. En instrumentalisant l’orgueil ainsi (les gens préférant sauver la face plutôt que d’admettre avoir été dupés), les systèmes communistes entretenaient un système d’engrenage terrible pour les masses.

Dans la même idée, le scientifique et écrivain Britannique Theodore Dalrymple, qui a étudié longuement les sociétés et les systèmes communistes, arrive à la conclusion que [le but de la propagande communiste n’est pas de convaincre, mais d’humilier. Et moins la propagande correspond à la réalité, mieux c’est!]. Il ajoute que [lorsque les individus sont contraints de se taire lorsqu’on leur raconte les mensonges les plus évidents, ou pire encore, lorsqu’ils sont contraints de répéter eux-mêmes ces mensonges, ils perdent une fois pour toutes leur sens de la probité. Consentir à des mensonges évidents, c’est en quelques sorte devenir soi-même mauvais. La volonté de résister à quoi que ce soit est ainsi érodée, et même détruite. Une société de menteurs émasculés est facile à contrôler].
Toute ressemblance avec des évènements récents serait purement fortuite.

C’est pourquoi, lorsque quelqu’un explique la situation délicate du pays par l’argument de l’incompétence réputée crasse de nos leaders au lieu, justement, de dénoncer le professionnalisme incroyable avec lequel ils appliquent les recettes communistes en matière de soumission, j’avoue que cela me met la puce à l’oreille.
Ces messieurs justifient ainsi la subversion subie par la nation tricolore (pour ne prendre que son exemple) par une incompétence des dirigeants (qui seraient soit des [rêveurs] ou des [crapules] pour CG). CG ajoute [Qu’est-ce qu’il nous est arrivé pour que l’on se soit crétinisé à cette allure là ?]. OD acquiesce : [Ce sont des crétins, Charles a raison], avant de tancer M. Bruno Le Maire pour avoir dit qu’il entendait livrer une guerre économique et financière totale à la Russie. Y croyez-vous seulement, à cette thèse selon laquelle les leaders seraient -tous- des imbéciles? Ou alors souscririez-vous davantage à celle selon laquelle nos dirigeants auraient désormais une proximité plus grande avec les autres élites mondiales qu’avec le peuple de France, ce qui les rendrait peut-être plus crétins -après tout pourquoi pas pour certains- mais surtout plus corrompus/tenus ? À mon sens, parler de « crétinisation des élites » est l’argument parfait pour les collabos : il permet de faire diversion, en dédouanant les vrais responsables, qui agissent selon moi, sinon avec incompétence, de façon parfaitement réfléchie.
Messieurs CG et OD semblent croire en cette thèse. Dénoncer l’incompétence me semble être une stratégie parfaite pour les collabos et autres opposants contrôlés  ;

CG dit [Je peux vous dire que l’Allemagne va faire faillite dans les 5 ans].
Il argue du fait que [ces pauvres Allemands] vont connaître une [récession monstre], que l’Allemagne serait “idiote” car elle ne savait jadis faire que des belles voitures à moteur classique/thermique (industrie [condamnée à mort] pour CG) alors que l’heure est à l’électrique. Je crois de mon côté que l’industrie allemande, ce n’est pas que la branche automobile. C’est aussi -et surtout?- les branches (i) chimiques et pétrochimiques et (ii) des biens d’équipement (e.g. industriels).
L’industrie allemande est solide, aussi je ne crois que modérément en une faillite imminente de l’économie allemande ;

Sur le sujet de l’inflation en France: quid, inter alia, du (i) « Quoi qu’il en coûte » et de l’excès de création monétaire qu’il implique (le recours à la planche à billet, c’est le passeport idéal pour l’inflation non maîtrisée) et (ii) de la hausse des coûts des approvisionnements (énergie, MP, alimentaire…) ;

CG, toujours, précise que [La récession, qui va être importante en France, arrivera du bas […] et ça se terminera par les boutiques de luxe à Paris. Ce sera un lent étouffement].
Mouais… l’industrie du luxe est -plus- résistante aux cycles, plus résiliente, par essence. C’est l’un des avantages d’investir dans le luxe, surtout d’ailleurs quand on est dans une position de prêteur à cette industrie.
Pour moi, ce sont -une nouvelle fois- les classes moyennes qui paieront le plus lourd tribut en cas de nouvelle récession (pour info, la définition “technique” -car cela ne veut rien dire en vrai, notamment à cause des “effets de seuil”- de la récession est la suivante: il s’agit de deux trimestres consécutifs de croissance négative du PIB) ;

Re. les fonds de pension, ils semblent tous deux catastrophistes. CG dit que [les fonds de pension ne paieront plus les retraites] lorsque OD parle d’un dévissage de marché de…80%, rien que ça ! Je ne dis pas que certains fonds ne disparaîtront pas (“à la” Lehman Brothers en 2008, pour faire des « exemples choisis ») mais ces structures d’investissement comptent quand même encore, il faut le dire, quelques professionnels de l’investissement, c’est-à-dire qu’ils connaissent la théorie financière re. la gestion de portefeuille et ils savent -ou sont réputés savoir parfaitement- mener une diversification de portefeuilles (e.g. géographique, sectorielle, produits de dettes vs. instruments de fonds propres, assets cotés vs. assets non cotés, performance relative vs. perf absolue, etc.).
Sans parler de toutes les stratégies de couvertures utilisées par ces structures, parfois géantes, d’investissement (i.e. contre les risques de taux, de change, de hausse des prix, etc.).

Par ailleurs, au début de l’interview, OD dit que les marchés boursiers et financiers vont bien (impact de la guerre epsilonesque ? Quid de l’inflation ?) et c. 90 min plus tard, il dit que les marchés [ont pris cher], [que ça va faire mal] et [qu’il faut arrêter d’être dans le déni car les états ne nous sauveront pas]. Donc que pense monsieur Delamarche finalement ? La conjoncture boursière est-elle bonne ou mauvaise ? Orientée à la baisse ou à la hausse? Quels en sont les drivers ? ;

CG et OD ont évoqué de nombreux sujets durant un peu plus de 3h. Certains d’entre eux eurent mérité d’être creusés davantage (e.g. les raisons du credit crunch de 2008/09 ou les plans subséquents de renflouement qui ont été menés dans les banques –bail out plans– pour lesquels il y aurait beaucoup à dire tant la corruption, les conflits d’intérêts ou le trafic d’influence furent significatifs à cette époque).
À 2h33, OD dénonce la soviétisation de l’économie par les leaders, y compris Monsieur Macron. Quant à CG, il dénonce entre autres le gouvernement mondial, le socialisme ou encore le WEF de Davos. Ils tiennent donc à nouveau un discours résolument libéral. Dans la théorie ;

Dans la dernière demi-heure, la question chinoise (notamment vs. les USA et l’avenir du dollar US) arrive sur la table. OD dit qu’il y a [une perte d’hégémonie des USA qui peut mal se finir car ils sont foutus de déclencher des guerres un petit peu partout pour essayer de garder leur mainmise sur le monde mais ils sont en perte de vitesse alors que les Chinois, les Russes sont en train de monter.
Et ils gardent, eux, leur modèle en plus, c’est-à-dire que bien au-delà de l’aspect purement économique et de l’aspect purement financier, Poutine c’est vraiment l’anti-Biden, l’anti-Macron, c’est-à-dire que le wokisme ne lui parle pas beaucoup à Poutine et toute cette dérive que l’on voit en Occident ne lui parle pas] – Cette déclaration d’OD tranche avec ce qu’il dit plus tôt: il critique le « trop d’état », la « soviétisation des économies occidentales » puis loue les géographies qui « montent », quand bien même ces dernières sont marxistes, communistes et totalitaires. Pour quelles raisons ? ;

À l’image du point précédent, OD et CG sont donc deux défenseurs inter alia du marché libre et de la propriété privée, du libéralisme plus largement (CG dit même en fin d’interview [Je suis libéral]) mais ils louent l’émergence de territoires/régimes selon eux non décadents dont les projets vont cependant largement à l’encontre de leur société idéale. C’est pour moi la grande contradiction de cette interview.

Messieurs Charles Gave et Olivier Delamarche sont donc deux libéraux français qui attaquent les USA et l’Occident décadents mais qui n’incriminent jamais, ô rage ô désespoir, ni le régime russe ni le régime chinois.
Mieux, ils les dédouanent largement. Aussi, les questions que je me pose à l’issue de cette interview par ailleurs intéressante sont les suivantes : pourquoi des libéraux loueraient-ils l’essor de régimes communistes ? Font-ils partie de l’opposition contrôlée ? Qu’attendre d’eux en cas d’intensification du conflit ? Jusqu’à quand se rangeront-ils du côté des totalitaires rouges ? Dans quelle mesure sont-ils libres de promouvoir des thèses libérales ? Quel est leur agenda ? Pour qui roulent-ils? Où conduisent-ils les individus qui les suivent en pensant qu’ils sont du bon côté de l’Histoire, celui de la -désormais légitime sinon salvatrice- résistance ?

Je soumets ces quelques questions à votre sagacité.

Vince.

À propos de l’auteur :

Je suis banquier d’affaires indépendant, c’est-à-dire un financier d’entreprise spécialisé en intermédiation financière de haut de bilan. Je conseille et j’accompagne, inter alia, les entreprises, les fonds d’investissement ou encore les Family Offices dans leurs stratégies et levées de financements –Debt & Equity– et dans leurs choix d’investissements, notamment dans le cadre d’opérations de rapprochement d’entreprises. J’ai plus de 14 années d’expérience en financement d’acquisitions & LBO (rachats d’entreprises par effet de levier), en investissement en Dette Privée et en conseil « Dette » et « Fusions|Acquisitions ».

Advertisement

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out /  Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out /  Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out /  Change )

Connecting to %s

%d bloggers like this: