La Chine s’en est-elle tirée en déclenchant une pandémie ?

Des responsables de santé examinent un homme âgé qui s’est effondré et est mort du Covid-19 dans une rue de Wuhan le 30 janvier 2020 (Photo : Getty Images).

Par Brahma Chellaney, 21 mai 2021

LA PANDEMIE DE COVID-19, tout comme une guerre mondiale, est devenue un moment déterminant pour le monde. Nos vies ont profondément changé depuis 2020. Les bouleversements économiques et sociaux déclenchés par la pandémie ont entraîné, comme l’indiquent les premières recherches, une augmentation des taux de divorce, d’obésité, de dépression, d’alcoolisme, de criminalité, de faillite, de chômage, de violence domestique et de suicide.

Si un autre pays, comme l’Inde, le Japon ou le Brésil, avait laissé un virus mortel s’échapper de son territoire et créer une pandémie bouleversant le monde, il serait aujourd’hui dans le collimateur de la communauté internationale. Mais la Chine s’en est jusqu’à présent tirée à bon compte pour avoir déclenché la pandémie de Covid-19, qui continue de ravager de grandes parties du monde.

Après avoir infecté des personnes dans le monde entier, le Parti communiste chinois (PCC), par le biais de l’une de ses publications, a cyniquement qualifié cette maladie d'”exemple rare d’une situation commune reliant chaque être humain dans le monde“. Le PCC a même manipulé l’information en ligne pour imposer son discours sur le nouveau coronavirus. Comme l’a rapporté le New York Times, le PCC a “dirigé des trolls rémunérés pour inonder les réseaux sociaux avec la ligne du parti et a déployé ses forces de sécurité pour museler les voix dissidentes“.

Non seulement la Chine a réussi à s’en tirer en engendrant la plus grande crise sanitaire mondiale de notre époque, mais elle a également réussi à faire obstacle à une enquête indépendante et approfondie sur les origines du virus Covid-19.

En fait, la Chine a exploité la paralysie due à la pandémie et les souffrances causées par le virus pour réaliser des gains économiques majeurs. Non seulement son économie a connu une expansion durant la pandémie, mais ses exportations ont également atteint un niveau record. En d’autres termes, les perturbations socio-économiques majeures qui ont touché une grande partie du monde ont joué en faveur de la Chine.

Le Paraguay, par exemple, illustre les tentatives cyniques de la Chine d’exploiter les difficultés causées par son exportation mondiale la plus infâme, le virus Covid-19. Le 22 mars, le Paraguay a révélé qu’il s’était vu offrir des vaccins chinois en échange de la rupture de ses liens diplomatiques avec Taïwan. Le Honduras, autre nation d’Amérique latine, est un autre exemple où Pékin cherche à transformer en arme une pandémie qu’il a précipitée (voir lien ci-dessus).

Considérons un autre fait étrange : les terribles ravages provoqués par la pandémie se manifestent dans le monde entier, sauf dans le pays où elle est née. La Chine est le pays le moins touché par la pandémie. Comprendre comment la Chine a réussi à rester largement épargnée par un virus qui a pris naissance à l’intérieur de ses frontières reste un mystère, alors même que les pays voisins – que ce soit le Japon, la Corée du Sud, le Népal ou l’Inde – sont actuellement aux prises avec une poussée de Covid-19.

ORIGINES DE LA MALADIE

Depuis le début de la pandémie, la Chine a systématiquement entravé les efforts internationaux visant à comprendre les véritables origines du virus Covid-19. Au lieu de faire toute la lumière sur ses origines et de fournir les réponses que le monde attends, le président chinois Xi Jinping a envoyé une lettre au Premier ministre indien Narendra Modi le 30 avril, dans laquelle il exprimait ses “sincères condoléances” pour la deuxième vague dévastatrice de Covid-19 en Inde. Il s’agit d’un cas où le coupable fait semblant de compatir avec la victime.


Les régimes autoritaires admettent rarement leurs erreurs. Si le virus ne provenait pas d’un laboratoire et que la Chine n’était coupable d’aucune dissimulation, ne faciliterait-elle pas une enquête transparente ? La Chine a fait exactement le contraire. Elle a même refusé de transmettre à l’OMS les données sanitaires brutes et personnalisées de ses premiers cas de Covid-19.


Forte de son influence internationale, y compris au sein de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), la Chine s’est efforcée d’étouffer le débat sur les origines du virus. L’attention internationale ne se porte pas sur la genèse de la pandémie mais sur la menace que représentent les différentes variantes du virus, qui ont fini par être identifiées à des pays spécifiques.

Les médias indiens font eux aussi référence au “variant indien”, brésilien, britannique ou encore sud-africain, mais pas au “virus chinois” originaire de Wuhan. En fait, ce sont les Indiens qui ont surnommé la souche B.1.617 “variante indienne” et “double mutant” (un terme qui n’a scientifiquement aucun sens car les différentes variantes concernées contiennent toutes plus d’une douzaine de mutations).

Plus généralement, le monde paie le prix de la dissimulation de la Chine et de la mauvaise gestion par l’OMS de la phase critique initiale de la pandémie. Au cours de cette phase, l’OMS avait déconseillé aux pays de fermer leurs frontières ou d’imposer le port de masques, mesures qui sont depuis devenues essentielles pour enrayer la propagation de la maladie.

Alors que le Covid-19 se propageait, le directeur général de l’OMS, Tedros Ghebreyesus, a consciencieusement utilisé les arguments chinois et a laissé la Chine, comme l’a dit le New York Times, “prendre en charge” l’enquête de l’OMS sur les origines du virus. En se montrant trop déférente envers la Chine tout au long de la crise, l’OMS a couvert les actions de la plus grande autocratie du monde en violant les normes internationales.

Par exemple, les règlements internationaux exigent que les pays notifient à l’OMS, dans les 24 heures, la survenue d’une urgence sanitaire susceptible d’avoir une portée internationale. Après l’épidémie de SRAS de 2002-2003, les États membres de l’OMS ont convenu d’établir un ensemble de directives connu sous le nom de Règlement sanitaire international.

Le président chinois Xi Jinping (Photo : AP)

L’article 6 de cet accord oblige chaque État membre, y compris la Chine, à recueillir des données sur toute “urgence de santé publique de portée internationale sur son territoire” et à en informer l’OMS “dans les 24 heures“. L’article 6 stipule ensuite : “À la suite d’une notification, l’État membre continue de communiquer à l’OMS, en temps utile, les informations de santé publique exactes et suffisamment détaillées dont il dispose sur l’événement notifié, y compris, dans la mesure du possible, les définitions de cas, les résultats de laboratoire, la source et le type de risque, le nombre de cas et de décès, les conditions affectant la propagation de la maladie et les mesures sanitaires employées ; et signale, si nécessaire, les difficultés rencontrées et le soutien nécessaire pour répondre à l’urgence potentielle de santé publique de portée internationale.

Pourtant, la Chine a violé cette règle de manière flagrante. Comme l’a reconnu un groupe international nommé par Tedros dans son récent rapport, l’OMS a d’abord été informée de l’épidémie de Covid-19 à Wuhan par Taïwan, par des articles de presse, un bulletin public et un système d’alerte automatique qui scrute l’Internet à la recherche de mentions de pneumonie inexpliquée.

La Chine, au lieu d’informer l’OMS, a “supprimé, falsifié, obscurci des données et réprimé des avertissements préalables”, comme l’a souligné Errol Patrick Mendes, un avocat international des droits de l’homme bien connu, basé au Canada. En conséquence, le virus Covid-19 s’est répandu dans le monde entier et reste une menace mondiale. Selon Chris Patten, chancelier de l’université d’Oxford, “C’est le coronavirus du PCC, notamment parce que le parti a réduit au silence de courageux médecins chinois lorsqu’ils ont tenté d’alerter sur ce qui se passait.”


L’Institut de virologie de Wuhan est devenu le centre de la recherche internationale sur les coronavirus. Les chercheurs ont expérimenté RaTG13, le coronavirus de chauve-souris identifié comme l’échantillon le plus proche (96,2 % de similitude) du virus Covid-19.


Pourtant, dans son rapport publié le 12 mai, le groupe “indépendant” nommé par M. Tedros n’a mentionné ni la violation flagrante par la Chine de la règlementation internationale ni la manière de faire respecter cette règle dans l’éventualité d’une situation future. Le rapport ne mentionne même pas la suppression initiale par la Chine des informations sur l’épidémie de Wuhan ou la répression des lanceurs d’alerte qui ont donné des informations sur la propagation de la maladie. Il ne mentionne pas non plus le retard déraisonnable pris par la Chine dans la communication des informations génétiques du virus, qui sont vitales pour aider les scientifiques à mettre au point des tests de diagnostic et des traitements appropriés pour sauver des vies.

En fait, le rapport du groupe d’experts a tacitement exonéré la Chine et l’OMS de toute responsabilité dans la pandémie. Il a même fait écho à la désinformation chinoise : “le virus pourrait avoir déjà été en circulation en dehors de la Chine au cours des derniers mois de 2019”, indique le rapport. L’ancienne Première ministre néo-zélandaise Helen Clark et l’ancienne présidente du Liberia Ellen Johnson Sirleaf (lauréate du prix Nobel de la paix en 2011) ont coprésidé le groupe de 13 membres, parmi lesquels figurait un agent de l’Indian Administrative Service à la retraite, Preeti Sudan, qui a occupé le poste de secrétaire à la santé jusqu’à l’année dernière.

Ce panel n’a pas cherché à faire éclater la vérité, à l’instar de l’enquête conjointe OMS-Chine sur les origines de la pandémie. Par l’intermédiaire des participants chinois, le gouvernement chinois a influencé les conclusions du rapport de l’enquête conjointe, qui a été publié le 30 mars. Ce rapport de 124 pages, rédigé par une équipe de 17 scientifiques chinois et 17 experts internationaux, se contente de dire que la Chine ne dispose pas des recherches nécessaires pour indiquer comment ou quand le virus a commencé à se propager.

La “femme chauve-souris” (“Batwoman”), le Dr Shi Zhengli (à gauche), dans le laboratoire P4 de l’Institut de virologie de Wuhan (Photo : Getty Images).

L’obstruction de Pékin a été telle que l’équipe de l’OMS chargée d’étudier les origines du virus n’a été autorisée à entrer en Chine qu’en janvier 2021. Selon un magazine d’information japonais qui a eu accès à des documents internes chinois, la Chine a systématiquement détruit toutes les preuves à charge avant d’admettre l’équipe de l’OMS.

Pour aggraver les choses, l’équipe de l’OMS qui s’est rendue en Chine pour l’étude conjointe n’avait pas les compétences nécessaires pour enquêter sur les origines possibles du virus en laboratoire. Son rapport était si incomplet que même Tedros a admis qu’elle n’avait pas réussi à passer au crible les preuves d’une éventuelle fuite de laboratoire. Auparavant, après avoir été attaqué pour sa déférence envers Pékin, Tedros avait déclaré le 30 novembre 2020 : “Nous voulons connaître l’origine et nous ferons tout pour connaître l’origine.”

FINANCEMENT AMÉRICAIN DE LA RECHERCHE AU LABORATOIRE DE WUHAN

Un autre facteur a également aidé la Chine à dissimuler les origines du Covid-19 : le rôle des États-Unis. L’Institut national des allergies et des maladies infectieuses (NIAID) des Instituts nationaux de la santé, dirigé par le Dr Anthony Fauci, a financé depuis 2014 des recherches dangereuses en laboratoire à l’Institut de virologie de Wuhan (WIV) pour remanier des coronavirus naturels et les rendre plus infectieux pour des expériences. Il s’agissait peut-être de la recherche en laboratoire la plus dangereuse jamais menée où que ce soit.

Le président américain Joe Biden, quant à lui, a gâché le levier que lui avait donné son prédécesseur pour réformer l’OMS en faisant en réintégrant les Etats-Unis à cette organisation des Nations unies, dès le premier jour de son mandat. Biden a agi ainsi alors que l’OMS n’avait pris aucune mesure pour se séparer de l’influence malveillante de la Chine ou pour cesser d’être complice de la dissimulation de la Chine. Comme l’a déclaré l’ancien secrétaire d’État Mike Pompeo en mars, le fait que les États-Unis aient rejoint l’OMS “a donné aux Chinois un laissez-passer complet pour le virus de Wuhan” et a mis en évidence la faiblesse américaine.

Après la décision de rejoindre l’OMS, M. Biden a signé, le 26 janvier, un mémorandum présidentiel peu remarqué, qui qualifiait de raciste toute référence à la pandémie par “l’emplacement géographique de son origine”. Le mémorandum présidentiel stipule que “les départements et agences exécutifs doivent prendre toutes les mesures appropriées pour s’assurer que les actions, documents et déclarations officiels, y compris ceux qui ont trait à la pandémie de Covid-19, ne font pas preuve de racisme, de xénophobie et d’intolérance à l’égard des Américains d’origine asiatique et des insulaires du Pacifique, ou n’y contribuent pas”.

Par conséquent, le rapport annuel non classifié des services de renseignement américains sur l’évaluation de la menace, publié en avril, est resté muet sur la ville d’origine (Wuhan) de la pandémie. Ce rapport n’est qu’un exemple.

En d’autres termes, l'”exécutive order” de Biden indiquant aux agences fédérales de cesser de faire référence à la pandémie par le biais de la “localisation géographique de son origine” a entériné en tant que politique américaine officielle le fait de ne pas lier le virus d’origine (provenant de Wuhan) à la Chine. Ainsi, même si les États-Unis ne parlent plus officiellement de l’origine du virus ou de la théorie de la fuite de laboratoire, il est, étrangement, toujours considéré comme acceptable de faire référence aux variantes par leur origine géographique.

Les médias occidentaux qui se sont opposés à ce que le virus Covid-19 soit appelé “virus de Wuhan” ou “virus chinois” ont pourtant établi un lien entre les nouvelles souches et les pays où elles sont apparues. En d’autres termes, l’étiquetage géographique du virus original est raciste, mais pas celui de ses variants. L’émergence de multiples variants au virus original ne fait que mettre en lumière les coûts causés par la dissimulation de la Chine, notamment en empêchant une enquête transparente et approfondie sur la genèse de la pandémie.

Dans ce contexte, il est peu probable que Biden dénonce la politique de dissimulation de la Chine. La culpabilité de la Chine en matière de coronavirus est peut-être désormais un fait avéré, mais peu de dirigeants mondiaux se sont exprimés aussi clairement que le prédécesseur de Biden, Donald Trump. Trump a par exemple déclaré le 4 juillet 2020 à propos du virus : “Le secret, la tromperie et la dissimulation de la Chine lui ont permis de se répandre dans le monde entier – dans 189 pays – et la Chine doit être tenue pleinement responsable.”

Le président américain Joe Biden et le secrétaire d’État Antony Blinken (Photo : Getty Images)

S’adressant à l’Assemblée générale de l’ONU le 22 septembre 2020, le Président Trump a déclaré :

“Nous devons tenir pour responsable la nation qui a lâché ce fléau sur le monde : la Chine. Dans les premiers jours de l’épidémie, la Chine a empêché les voyages à l’intérieur du pays tout en permettant aux vols de quitter la Chine et d’infecter le monde. La Chine a condamné mon interdiction de voyager dans son pays, alors même qu’elle annulait les vols intérieurs et enfermait les citoyens chez eux. Le gouvernement chinois et l’Organisation mondiale de la santé – qui est pratiquement contrôlée par la Chine – ont faussement déclaré qu’il n’y avait aucune preuve de transmission interhumaine. Plus tard, ils ont affirmé à tort que les personnes ne présentant pas de symptômes ne propageraient pas la maladie. Les Nations unies doivent tenir la Chine pour responsable de leurs actions.”


Il est peu probable que le président américain Joe Biden dénonce la politique de dissimulation de la Chine. La culpabilité de la Chine en matière de coronavirus est peut-être désormais un fait avéré, mais peu de dirigeants mondiaux se sont exprimés aussi clairement que le prédécesseur de Joe Biden, Donald Trump.


LES DANGEREUSES RECHERCHES DE L’INSTITUT DE WUHAN

L’Institut de virologie de Wuhan a reconnu que ses chercheurs, dirigés par le Dr Shi Zhengli, qui était fière d’être appelée la “femme chauve-souris”, se livraient à ce que l’on appelle scientifiquement la recherche sur le “gain de fonction”. Ce terme désigne l’amélioration délibérée des fonctions des virus naturels pour les rendre plus transmissibles et plus dangereux à des fins expérimentales.

Plusieurs chercheurs chinois ont publié des articles sur ces recherches sur les coronavirus de chauve-souris à l’Institut de virologie de Wuhan. En effet, cet institut est devenue la plaque tournante de la recherche internationale sur les coronavirus avant qu’éclate la pandémie. Les chercheurs y ont expérimenté le RaTG13, le coronavirus de chauve-souris que l’Institut de virologie de Wuhan a identifié comme l’échantillon le plus proche (96,2 % de similitude) du virus Covid-19.

Il est également admis que l’argent des contribuables américains a financé en partie les dangereuses recherches sur les coronavirus à Wuhan. En tant que directeur du NIAID (National Institute of Allergy and Infectious Diseases), le Dr Fauci a joué un rôle important dans l’obtention de subventions fédérales américaines pour la recherche sur le coronavirus à Wuhan. L’argent destiné à l’institut de Wuhan a été acheminé par l’EcoHealth Alliance, basée à New York et dirigée par le zoologiste britannique Peter Daszak.

Après l’émergence de la pandémie, les docteurs Fauci et Daszak, cherchant à détourner l’attention de leur culpabilité potentielle, ont pris l’initiative de détourner l’attention de la théorie selon laquelle le nouveau coronavirus aurait fui du laboratoire de Wuhan. Tout en rejetant à plusieurs reprises cette hypothèse, Fauci et Daszak ont caché leur grave conflit d’intérêts.

Donald Trump s’adresse à l’Assemblée générale des Nations unies, le 22 septembre 2020.

Pourquoi le Dr Fauci a-t-il versé des millions de dollars à une institution chinoise qui, selon le gouvernement américain, effectuait des recherches secrètes pour l’armée chinoise ? Dans une fiche d’information publiée le 15 janvier, le département d’État américain a déclaré :

“bien que l’Institut de virologie de Wuhan se présente comme une institution civile, “les États-Unis ont déterminé que l’Institut Virologique de Wuhan (IVW) a collaboré à des publications et des projets secrets avec l’armée chinoise. L’IVW s’est engagé dans des recherches classifiées, y compris des expériences sur des animaux de laboratoire, pour le compte de l’armée chinoise depuis au moins 2017. Les États-Unis et les autres donateurs qui ont financé ou collaboré à la recherche civile à l’IVW ont le droit et l’obligation de déterminer si une partie de notre financement de la recherche a été détournée vers des projets militaires chinois secrets.” (Fact Sheet: Activity at the Wuhan Institute of Virology)

La fiche d’information a également déclaré que la Chine n’a pas “éliminé de manière démontrable” ses recherches sur les armes biologiques, en violation apparente de “ses obligations claires en vertu de la Convention sur les armes biologiques”, qui est entrée en vigueur il y a 46 ans.

Le Dr Fauci, pour sa part, affirme maintenant qu’il n’a jamais soutenu la recherche sur le “gain de fonction”. Ce qui est contraire à ses propres travaux publiés.

Le Dr Fauci s’est fait le champion de ces recherches dès leur apparition dans le domaine scientifique. Dans un article d’opinion cosigné qui a été publié pour la première fois dans le Washington Post le 30 décembre 2011, le Dr Fauci a déclaré que “beaucoup de bien peut venir de la génération d’un virus potentiellement dangereux en laboratoire.” (Le site web du journal a depuis changé l’expression “much good can come” en “insights can come”, bien que les réimpressions de la tribune libre ailleurs indiquent toujours “much good can come…”). L’éditorial mettait en garde : “Il est impératif de se prémunir contre le risque de dissémination accidentelle ou de mauvaise utilisation délibérée d’agents pathogènes de laboratoire”. Pourtant, c’est exactement ce genre de recherches dangereuses en laboratoire que le NIAID dirigé par le Dr Fauci a financé dans un laboratoire de la Chine communiste à partir de 2014.

La fiche d’information du Département d’État, tout en soulignant que l’Institut de virologie de Wuhan effectuait des recherches sur des virus similaires au virus Covid-19, indique que plusieurs chercheurs de cet établissement sont tombés malades à l’automne 2019 “avec des symptômes correspondant à la fois au COVID-19 et aux maladies saisonnières courantes.”

Enquêter sur la genèse de la pandémie est crucial pour une autre raison – ce n’est pas la première maladie mortelle à se propager mondialement à partir de la Chine. La Chine a été à l’origine de précédentes épidémies de grippe, notamment, comme l’ont reconnu les scientifiques chinois, la “grippe asiatique” de 1957, la “grippe de Hong Kong” de 1968 et la “grippe russe” de 1977. Selon de nouvelles recherches, la “grippe espagnole” de 1918, qui a tué quelque 50 millions de personnes dans le monde, était également originaire de Chine.

La pandémie actuelle n’est pas non plus le premier cas de dissimulation de faits et d’échantillons par la Chine. La dissimulation par la Chine de l’épidémie de SRAS de 2002-2003 en Chine a déclenché la première pandémie du XXIe siècle. Il est donc essentiel de faire la lumière sur la façon dont l’agent pathogène Covid-19 a éclaté et s’est propagé pour concevoir des mesures de réaction rapide au niveau international afin d’éviter qu’une future épidémie locale ne se transforme en une nouvelle pandémie.

LA THÉORIE DE LA FUITE DU LABORATOIRE

Quels que soient les efforts déployés par la Chine, la théorie selon laquelle le virus Covid-19 s’est échappé d’un laboratoire de Wuhan refuse de disparaître. Un éminent virologue américain, le Dr Robert Redfield, qui a dirigé les Centres américains de contrôle et de prévention des maladies (CDC) jusqu’en janvier de cette année et qui avait accès à des informations classifiées, a déclaré à CNN en mars que “l’étiologie la plus probable de cet agent pathogène” est qu’il se soit “échappé” d’un laboratoire de Wuhan.

Selon Redfield, après s’être échappé du laboratoire, le virus a commencé à se transmettre en septembre-octobre 2019. Une étude, publiée dans la revue Science, a également estimé que “la période entre la mi-octobre et la mi-novembre 2019” était “l’intervalle plausible où le premier cas” de Covid-19 est apparu dans la province du Hubei, dont Wuhan est la capitale.

En mai, 18 scientifiques “ayant une expertise pertinente” ont déclaré dans la revue Science que la théorie de la fuite en laboratoire ne peut être écartée. Selon eux, “une enquête appropriée doit être transparente, objective, fondée sur des données, inclure une large expertise, faire l’objet d’une surveillance indépendante et être gérée de manière responsable afin de minimiser l’impact des conflits d’intérêts”.

Plus tôt en mars, un autre groupe de 26 scientifiques et experts internationaux respectés a publié une “lettre ouverte” décrivant l’étude conjointe de l’OMS et de la Chine comme fondamentalement défectueuse et demandant une nouvelle enquête sans restriction, notamment pour savoir si le virus a fui d’un laboratoire. Ils ont déclaré que l’enquête devrait être “menée par une équipe véritablement indépendante, sans conflits d’intérêts non résolus et sans contrôle total ou partiel par un programme ou un pays spécifique”. L’Assemblée générale des Nations unies peut voter la mise en place d’une telle enquête.

Entre-temps, le récent essai novateur de Nicholas Wade publié dans le Bulletin of the Atomic Scientists a contribué à relancer l’attention sur la théorie de la fuite en laboratoire. Cet extrait de l’essai pourrait expliquer pourquoi les États-Unis n’ont pas exercé de pression importante sur la Chine pour qu’elle fasse toute la lumière sur les origines d’un virus qui a tué jusqu’à présent près de 3,5 millions de personnes officiellement et beaucoup plus officieusement :

“Le gouvernement américain partage un étrange intérêt commun avec les autorités chinoises : ni l’un ni l’autre ne souhaite attirer l’attention sur le fait que les travaux de Shi sur le coronavirus ont été financés par les National Institutes of Health des États-Unis. On peut imaginer la conversation en coulisses au cours de laquelle le gouvernement chinois argumenterait : “Si cette recherche était si dangereuse, pourquoi l’avez-vous financée, et en plus sur notre territoire ?” Ce à quoi la partie américaine pourrait répondre : “On dirait que c’est vous qui l’avez laissé s’échapper. Mais avons-nous vraiment besoin d’avoir cette discussion en public ?”

Pour être sûr, aucun groupe de scientifiques n’a affirmé que le virus Covid-19 a été créé intentionnellement comme arme biologique. Cependant, de plus en plus de scientifiques estiment que l’origine du virus dans un laboratoire de Wuhan, par une fuite accidentelle ou une infection accidentelle d’employés ou d’animaux de laboratoire, est aussi probable qu’un passage naturel de la faune à l’homme. Selon la fiche d’information du département d’État, “les scientifiques chinois ont mené des recherches sur les coronavirus d’origine animale dans des conditions qui augmentaient le risque d’exposition accidentelle et potentiellement involontaire.”

Deux aspects du virus Covid-19, en fait, renforcent la théorie selon laquelle il provient d’un laboratoire. Le premier est le fait que le virus, dès le départ, était déjà bien adapté à la transmission en intérieur.

Comme l’a déclaré le biologiste américain Bret Weinstein dans l’émission Real Time with Bill Maher, “ce virus attaque tellement de tissus différents dans le corps, que cela ne semble pas naturel. Le fait qu’il ne semble pas, du moins au début, se transmettre à l’extérieur est très flagrant. Je veux dire, après tout, la plupart des animaux vivent à l’extérieur. Donc, un virus qui semble être adapté à la transmission à l’intérieur est quelque peu remarquable.” La transmission du Covid-19 à l’extérieur reste encore rare.

Le deuxième aspect est l’efficacité de la transmission du virus. Depuis le début, le virus se transmet efficacement dans toutes les zones géographiques et climatiques, indépendamment de l’ethnie, de la race, du sexe et de l’âge.

Le Dr Redfield, dans l’interview accordée à CNN, a déclaré qu’un virus naturel met normalement du temps à trouver comment devenir “de plus en plus efficace” dans sa transmission. Mais un expérimentateur de laboratoire, a-t-il expliqué, chercherait à faire en sorte que le virus devienne de plus en plus efficace afin d’en apprendre davantage sur lui. “J’ai passé ma vie en virologie. Je ne crois pas que ce virus soit passé d’une chauve-souris à un être humain, et qu’à ce moment-là, le virus… soit devenu l’un des virus les plus infectieux que nous connaissions pour la transmission interhumaine”, a ajouté le Dr Redfield.

Comme l’histoire l’atteste, les régimes autoritaires admettent rarement leurs erreurs. Un régime hautement répressif comme celui de Pékin sera certainement peu enclin à admettre qu’une pandémie qui a tué des millions de personnes dans le monde est le résultat de sa négligence et du laxisme des normes de sécurité de l’Institut de virologie de Wuhan.
Si le virus ne provenait pas d’un laboratoire et que la Chine n’était pas coupable d’une quelconque dissimulation, ne faciliterait-elle pas une enquête transparente et indépendante menée par des experts extérieurs afin de mettre les choses au clair avec le reste du monde ? Or, la Chine a fait exactement le contraire. Elle a même refusé de remettre à l’OMS les données sanitaires brutes et personnalisées de ses premiers cas de Covid-19.

En outre, au lieu de donner aux enquêteurs extérieurs l’accès aux dossiers de laboratoire, aux données et aux employés afin de leur permettre d’évaluer en toute confiance les différentes hypothèses, Pékin a gardé les échantillons, les archives et les dossiers de recherche du laboratoire de Wuhan sous clé. Si le gouvernement chinois n’a rien fait de mal, pourquoi refuser de partager les données brutes et d’accorder un accès complet et transparent aux installations de recherche de Wuhan ?

Soyons clairs : des fuites de laboratoires ont déjà eu lieu par le passé. Citons par exemple la fuite d’anthrax à Sverdlovsk en 1979, à l’époque soviétique, que Moscou n’a admise qu’en 1992, après la désintégration de l’Union soviétique. Selon la fiche d’information du département d’État, “les infections accidentelles dans les laboratoires ont déjà provoqué plusieurs épidémies de virus en Chine et ailleurs, notamment une épidémie de SRAS en 2004 à Pékin qui a infecté neuf personnes et en a tué une.”

LA CHINE VA APPRENDRE L’EXPRESSION “KARMA IS A BITCH”

Bien qu’il soit essentiel de connaître les origines du Covid-19 pour prévenir de futures pandémies, la Chine – comme l’a révélé une enquête de l’Associated Press – “contrôle strictement toutes les recherches sur ses origines, en interdit certaines tout en promouvant activement des théories marginales selon lesquelles il pourrait provenir de l’extérieur de la Chine”. La censure et la répression de toutes les informations est le fait des dirigeants du PCC.

La culture du secret et du contrôle par le parti a permis au virus de se propager dans le monde entier à partir de la Chine. Grâce à ses systèmes inégalés de surveillance, de censure et de propagande, le PCC est en mesure de construire et de contrôler un récit. La dissimulation initiale du coronavirus en Chine s’est appuyée sur ces systèmes, ce qui a permis de transformer une épidémie locale à Wuhan en une calamité sanitaire mondiale toujours en cours. L’objectif du PCC reste d’empêcher que la vérité d’éclate.

Mais comme l’a récemment déclaré l’ancien secrétaire d’État américain Mike Pompeo, “tous les éléments de preuve” suggèrent que, malgré la dissimulation par la Chine de la genèse de la pandémie, le virus Covid-19 provient du laboratoire de l’Institut de virologie de Wuhan. Il a averti que “le risque que quelque chose comme cela se reproduise à partir de ce laboratoire ou d’un autre laboratoire chinois est un risque réel. La Chine mène des activités qui ne sont pas compatibles avec sa capacité à sécuriser ces installations. Et le risque d’armes biologiques et de bioterrorisme émanant de cette région est très réel.”

Selon une enquête du Pew Research Centre, les infections, les décès et les perturbations provoqués par la pandémie ont fait grimper l’image négative de la Chine à de nouveaux sommets au niveau international. La Chine tente de réparer les dommages causés à sa réputation en pratiquant la “diplomatie du vaccin”, tout comme elle a pratiqué la “diplomatie du masque” aux premiers stades de la pandémie. Malheureusement, l’administration Biden a aidé la Chine dans sa “diplomatie du vaccin” en laissant les pays en développement dans l’embarras par sa rétention de vaccins dans son pays.

Néanmoins, le refus persistant de la Chine de dire la vérité, associé à la vague de méfiance internationale croissante à l’égard de ce pays, a contribué à susciter un intérêt accru pour l’étude de la véritable genèse de la pandémie. Un nombre croissant de scientifiques internationaux ont commencé à débattre de la question de savoir si la pandémie a été provoquée par une fuite dans un laboratoire de Wuhan. Les scientifiques qui s’appuient sur des faits sont friands de l’aphorisme suivant : “L’absence de preuve n’est pas une preuve d’absence”.

La Chine peut croire qu’elle s’en est tirée en créant la pandémie de Covid-19, comme elle l’a fait en engendrant la pandémie de SRAS. Cependant, la pandémie de Covid-19 marque un tournant dans l’histoire qui continuera d’affecter la Chine. Grâce au Covid-19, de nombreux pays ont tiré d’importantes leçons de la dépendance des chaînes d’approvisionnement de la Chine, et les attitudes internationales à l’égard du régime de Xi ont changé.

L’année dernière, Pékin a dénoncé de manière agressive les voix internationales qui lui demandaient de payer une compensation pour les dommages causés par la pandémie. Ces voix comprenaient l’administration Trump, qui a déclaré qu’elle étudiait les moyens de tenir la Chine financièrement responsable de la pandémie et des dommages économiques qu’elle a causés dans le monde entier.

En 2021, personne ne suggère que la Chine soit poursuivie en dommages et intérêts, en grande partie parce qu’une telle action semble irréaliste. La puissance et l’influence internationales de la Chine ne sont que trop visibles. Pourtant, alors que la pandémie continue de sévir dans de vastes régions du monde, la Chine continue d’encourir des coûts incommensurables pour sa réputation et son image. Ces coûts dépasseraient probablement toute demande de réparation éventuelle à son encontre.

Et si, comme le dit l’expression, “Karma is a bitch”, d’une certaine manière, la Chine va payer pour avoir engendré la pandémie.


Brahma Chellaney

Lien vers l’article original

2 thoughts on “La Chine s’en est-elle tirée en déclenchant une pandémie ?

    1. Bonjour. L’article original dit bien “higher rates of birth, divorce…”. J’ignore si c’est une erreur de l’auteur.
      Mais effectivement la baisse de la natalité est plus cohérente qu’une augmentation lors d’une période de crise majeure. Et cela rejoint d’autres articles que j’ai pu lire.
      Soit je fais la correction (mais je ne vois pas de correctif en commentaire dans l’article original) soit j’enlèverai ce passage dans le doute.
      Merci à vous.

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